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05/09/2008

_The Richard Matheson companion_

The Richard Matheson companion: Stanley WIATER, Matthew R. BRADLEY & Paul STUVE : Gauntlet Publications : 2008 : ill Harry O. Morris: ISBN-13 978-1-88736-896-4 : 569 pages (y compris biblio) : 38 Euros 98 port compris pour un HC avec jaquette.

The Richard Matheson companion.jpg

Cet ouvrage, édité par Gauntlet Publications (une firme qui est LA spécialiste des rééditions de Matheson en version "luxe"), est ce que nos amis anglo-saxons appellent un companion, c'est à dire un volume hommage à un auteur ou à une oeuvre. C'est une façon de célébrer un auteur respecté ou d'offrir à des fans un peu de matériau annexe.

Il est structuré en quatre parties :

- un recueil de souvenirs, d'hommages et autres préfaces par la famille de l'auteur ou le gratin de l'horreur (Koontz, Ellison, Lumley...), fait de pièces généralement assez courtes (une ou deux pages et ne dépassant jamais la quinzaine) et souvent écrites du point de vue de l'émotionnel plutôt que de l'analytique.

- un court cahier photographique en N&B présentant plusieurs clichés de l'auteur et les couvertures de ses principaux livres.

- un court roman inédit (130 pages) de jeunesse de Matheson (écrit entre quatorze et seize ans) : The years stood still, que je n'ai pas lu (je ne suis pas sûr qu'il s'agisse de SF).

- une bibliographie découpée en nombreux chapitres : livres, nouvelles, films, pièces etc... Par choix délibéré, elle est incomplète puisqu'elle se restreint par exemple pour les livres aux seules premières éditions (en n'oubliant toutefois pas, comme par hasard, les éditions limitées de Gauntlet). En ce qui concerne les nouvelles, elle ne donne qu'une partie des parutions, partie choisie sur des critères non-explicités dans le livre.

Par essence, ce type d'ouvrage n'a donc absolument pas de vocation critique puisqu'il a plus pour but une réminiscence positive de l'auteur qu'une analyse fouillée de son oeuvre. Du coup, le ton des articles est très proche de celui des eulogies comme on peut en lire à chaque mort d'auteur connu dans les pages de LOCUS (même si Matheson n'est pas mort). Les textes mêlent souvenirs persos (toute la famille de Matheson prend la plume et y va de son couplet) et panygériques des oeuvres de Matheson. On remarquera une concentration très (trop) importante sur I am legend & The shrinking man, à croire que Matheson n'a écrit que ces deux romans ou que le lecteur ne le connait qu'au travers des films tirés de son oeuvre.

Comme très souvent avec ce type de livre, toute cette emphase rend la lecture de la première partie assez pénible. En effet, à la dixième lecture de l'affirmation du fait que Matheson est un génie, sans que l'on tente de nous montrer pourquoi, on a parfois envie de tout laisser tomber.

Seules les parties relatives à sa carrière de scénariste apportent un certain plus et une certaine vigueur aux récits, malgré des redites d'un texte sur l'autre.

La partie bibliographique, de part ses critères d'inclusion arbitraires, est proche de l'inutile pour l'amateur de SF écrite même si elle est la seule disponible à ce jour (il en existe une dans Le livre d'or). Elle sera plus intéressante car visiblement plus exhaustive, pour les lecteurs interessé par les adaptations/créations de Matheson au cinéma ou à la télévision.

Le livre d'or de Richard Matheson (PP 1981).jpg

A tout cela se rajoute, en ce qui me concerne, le fait que la partie de l'oeuvre de Matheson qui m'intéresse potentiellement, à savoir ses textes de pure SF, est complètement passée sous silence à l'exception des deux romans principaux qui sont certes longuement évoqués mais pas du tout discutés. L'expression "science fiction" est d'ailleurs une des grandes absentes de l'ouvrage puisque Matheson est généralement présenté comme auteur de "fantasy".

C'est donc un livre "feel-good" mais qui se trouve être d'une superficialité assez surprenante pour un ouvrage à 50 USD. Il est clair que l'éditeur cible les lecteurs riches et déjà conquis par l'auteur et non à ceux qui chercheraient à le découvrir ou à l'approfondir.

Note GHOR : 1 étoile

04/09/2008

_Positions and presuppositions in science fiction_

Positions and presuppositions in science fiction : Darko SUVIN (1930-) : Kent State University Press : 1988 : ill Goya : ISBN-10 0-87338-356-7 : 227 pages (y compris index et biblio) : une grosse vingtaine d'euros d'occase pour un HC avec jaquette.

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Cet ouvrage est un receuil d'essais de Darko SUVIN, un des grands de la théorie SF des années 80. Il est en particulier l'inventeur du terme "cognitive estrangement" comme définition de la SF. Il postule que la SF est une littérature de l'étrange (au sens d'écart avec le réel connu ou perçu par le lecteur) mais que cet écart est connaissable par un processus cognitif (en règle générale la sciene). C'est un analyste de tendance plutôt marxiste et, chose rare chez nos amis anglo-saxons, un grand connaisseur de la SF européenne (est-européenne pour être plus précis).

Ces essais datent de 1974 à 1984 et sont parus dans l'habituelle galaxie des publications académiques spécialisées (SFS) ou non.

L'ouvrage est organisé en trois parties :

- "Some presuppositions" : deux articles qui posent les défintions à la fois de la SF et d'une théorie 'sociale' de la littérature.

- "On SF théory" : 5 articles qui creusent divers aspects du genre (les rapports entre SF et Utopie qui les lie nettement, l'enseignement critique de la SF, l'idéologie dans la SF et sa critique...).

- "Seven writers" : comme son nom l'indique, une analyse (parfois de seconde main, hélas) de sept écrivains. Cette partie traite d'Asimov, Effrémov, Lem dans un article qui les compare tous les trois, en trouvant le premier, oh surprise, comme étant le moins bon, puis consacre un article chacun à Dick, Le Guin, les Strugatsky & les Braun (un couple d'acrivains de la RDA).

Il se termine par une conclusion surtout notable par le fait qu'elle offre sur la fin un éclairage original sur un texte de Cordwainer Smith (The lady who sailed the Soul).

Il y a quelque chose de très démodé dans cet ouvrage.

Mon impression est certainement dûe aux auteurs abordés. Certains (Dick, Lem, Le Guin) sont typiques de la critique académique de l'époque (les années 80) où tout le monde voulait écrire sur eux et, même si Suvin s'en tire AMHA plutot bien sur Dick, ces articles sont un peu courts face aux livres entiers sur ces auteurs qui peuvent déployer une argumentation nettement plus fournie. En reste une impression de survol tempérée par le fait que certains auteurs abordés le sont assez rarement, par exemple les Braun, même si l'enthousiasme de Suvin parait un peu artificiel et les textes mentionnés pas particulièrement séduisants ni originaux (de toutes façons ils sont introuvables).

Ce qui donne aussi son âge à cet ouvrage est aussi la conviction implicite et explicite dans le choix des auteurs étudiés (3 Américains, 1 Polonais, 2 Russes et 1 Allemand de l'Est) que la SF est un genre véritablement international où toutes les pays participent à égalité. C'était peut- être vrai à l'époque, cela ne l'est plus maintenant où le marché du genre est indiscutablement dominé par une SF (et encore plus une Fantasy) anglo-saxonne qui, dans la plupart des pays, pèse d'un poids supérieur à la SF autochtone. Cette "Internationale de la SF" était une belle idée mais relève désormais du domaine de l'uchronie.

L'ignorant en matière de théorie littéraire que je suis a aussi trouvé certaines portions de textes un peu difficiles à suivre, par manque de connaissance des théories de Lukacs, Goldmann ou Benjamin et n'a pas été capable d'y éprouver un intérêt quelconque.

Outre une position idéologique et théorique nettement de gauche, parfois acide mais toujours rafraichissante de part sa relative rareté, la meilleure partie du livre est (AMHA) l'analyse des auteurs même si elle vire parfois à la simple description de synopsis ainsi que la démonstration des liens entre SF et Utopie (la seconde étant une branche de la première), un sujet souvent polémique de la part de tenants de la Littérature qui souhaitent conserver ce sous-genre hors des pattes sales et velues de la SF.

Au final, c'est un livre dont la pertinence dans les conditions actuelles est sévèrement limitée mais qui reste témoignage de l'état de l'art de la réflexion sur la SF il y a 20 ans.

Note GHOR : 1 étoile

28/08/2008

_Critical theory and science fiction_

Critical theory and science fiction: Carl FREEDMAN : Wesleyan University Press : 2000 : ill photographique de Piotr Uklanski Goya : ISBN-10 0-8195-6399-4 : 206 pages (y compris index mais pas de biblio) : 14 Euros 03 port compris pour un TP.

Critical theory and science fiction.jpg

Cet ouvrage a pour vocation de montrer les parallèles possibles entre la théorie critique (qui pratique le questionnement du monde et de son fonctionnement) et la SF. En effet, ces deux activités intellectuelles sont censées utiliser des outils communs (du type prospectif) et une base de discours critique similaire, faisant logiquement de la SF le genre idéal pour illustrer le premier.

On est là dans la lignée revendiquée de Suvin et de Jameson, c'est à dire d'une analyse à base marxiste qui place la SF, grâce à ses spécifités (novum, cognitive estrangement, appareil critique) comme outil de réflexion privilégié sur la société capitaliste actuelle et ses failles (pauvreté, sexisme, racisme...).

Metamorphoses of science fiction.jpg                    Archaeologies of the future.jpg

Le livre est organisé en quatre parties :

1- Definitions : comme son nom l'indique, c'est le passage obligé pour définir les deux élements (critical theory et science fiction) qui vont être corrélés. Cette partie est assez courte (20 pages).

2- Articulation : la partie la plus ardue (70 pages) qui montre donc les convergences entres ces deux élements, avec un focus revendiqué sur la critical theory.

3- Excursuses : en lien avec le chapitre précédent, une lecture critique détaillée de cinq oeuvres : Solaris (Lem), The dispossessed (Le Guin), The two of them (Russ), Stars in my pocket like grains of sand (Delany) & The man in the high castle (Dick). Chaque oeuvre donne lieu au développement d'une problématique particulière (Delany = la différence, Russ = le genre...).

4- Coda : une mise au point sur l'état des deux champs étudiés, avec en particulier une mise à mort du Cyberpunk (présenté comme simplement conservateur) remarquable de justesse, de concision et d'efficacité qui donnerait des boutons aux thuréfaires de Gibson et consorts.

La première partie commence fort, et mes connaissances limitées dans le domaine de la théorie littéraire m'ont empéché de gouter à toute l'érudition de Freedman. Pour ce qui concerne la partie SF, on est dans le classique avec à la fois une histoire relativement standard (une n-ième version de l'origine de la SF ici plutôt Poe, Verne ou Wells) et une approche théorique globalement Suvinienne. C'est toutefois correctement structuré et argumenté.

La deuxième partie m'est largement passée au dessus de la tête par manque de bagage mais se laisse lire même si Sartre, Lacan, Lukacs ne me passionnent pas.

Le troisième partie revient clairement dans le champ de la SF et dans une analyse purement marxiste de chaque ouvrage. Elle est donc du coup assez classique pour des non-américains mais certainement assez peu fréquente outre-atlantique. Techniquement, pas grand chose à en dire, particulièrement pour les textes déjà analysés de nombreuses fois (Lem, Le Guin ou Dick) où l'on arrive rapidement aux mêmes conclusions. On pourra regretter le niveau d'emphase qui est parfois (AMHA) un peu élévé, avec une présentation de PKD comme une sorte de dieu littéraire et de Delany comme le meilleur écrivain noir-américain de tous les temps.

Au delà de l'analyse littéraire opérée par Freedman, cette partie est surtout intéressante par sa sélection d'oeuvres étudiées qui, même si c'est hors du champ de ce livre, pose le problème des processus de canonisation à l'oeuvre dans le SF (pour une première approche voir l'excellent receuil d'essais Science fiction, canonization, margionalization, and the academy).

SF, canonization, marginalization and the academy.jpg

En effet, même si Freedman est parfaitement conscient du processus de formation du canon et des ses écueils, on peut dire qu'il tombe en plein dedans. Sa liste d'auteurs est d'un conformisme à faire peur. On a bien sûr une balance des sexes (soit 2 femmes et 3 hommes) dans les proportions préconisées, on a aussi l'écrivain hors USA/GB (Lem), un noir homosexuel (deux minorités d'un coup), une féministe engagée (deux de plus), une autre un peu moins (en bonus ?) et un auteur maudit génie méconnu.
Ce presque exactement les mêmes auteurs que ceux du Suvin que j'évoquais il y a peu (dans fras) : Positions and presuppositions in science fiction et surtout ce sont les auteurs que l'on retrouve à chaque fois dans toute étude sur le genre écrite par un membre du corps académique.

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Sans nier les qualités de ces auteurs et de leurs oeuvres, l'amateur que je suis se pose la question de savoir si ce sont vraiment ces écrivains là qui forment le canon de la SF. Dans les cinq cités, pratiquement le seul dont le fond soit encore publié est PKD (aux USA) pour des raisons certainement liés au fait qu'il soit devenu une source de scénarios de cinéma et/ou un auteur canonique (la parution des ses oeuvres dans la Pleïade USA est symptomatique). Pour les autres, c'est le désert et certains des livres étudiés sont même difficilement trouvables d'une façon standard. Le Delany n'est disponible neuf qu'en version de luxe préfacée (surprise) par Freedman et sa dernière édition en paperback date de 18 ans. Le Russ est dans le même cas avec une seule édition dispo chez Wesleyan (re-surprise). Ces deux livres étaient donc indisponibles lors de l'écriture de cet essai et ne le sont redevenus que dans le cadre de ce qui semble être un joint-venture entre l'auteur et l'éditeur. Sur un plan pratique, on peut donc douter de l'intérêt de l'étude de tels textes.

Sur un plan théorique, je définirais (à mon humble niveau) le vrai canon de la SF comme l'ensemble des oeuvres qui trouvent encore un public malgré leur age et surtout qui touche un public "volontaire", c'est à dire un ensemble de gens qui les lit par choix et non par obligation (comme par exemple des étudiants qui les auraient dans leur cursus). Le canon de la SF, c'est par exemple Cordwainer Smith, Heinlein, Williamson ou Farmer (comme preuve supplémentaire d'une vraie permanence, on notera que ces auteurs sont aussi ressortis en VF).

Du coup, l'analyse de Freedman, même s'il est original dans le choix de deux des textes (le Delany, pour lequel on aurait plutôt attendu Dhalgren et le Russ qui aurait pû être The female man), se base sur une représentation de la SF que je juge fausse et qui ne correspond ni à l'histoire du genre, ni à sa cartographie, ni à sa réalité. C'est une vision de la SF très PC, respectable et propre sur elle qui n'aborde que des thèmes  graves, à la mode et pouvant donner lieu à des papiers universitaires (gender studies, feminist theory...). C'est en tout cas bien loin des robots, fusées et autres aliens.


Un ouvrage pour universitaires, avec des vrais morceaux de SF sérieuse et aseptisée (Le Guin ^_^) dedans, mais pas forcément une image fidèle du genre dans ses attraits, ses forces ou ses enjeux.


Note GHOR : 1 étoile

01/08/2008

_Anne McCaffrey A life with dragons_

_Anne McCaffrey A life with dragons_ : Robin ROBERTS (1957 - ) : University Press of Mississippi : 2007 : ill Rowena : ISBN-13 978-1-57806-998-9 : 243 pages (y compris cahier photographique central -non paginé- et index et biblio des sources utilisées) : 18 Euros 19 port compris pour un HC avec jaquette.

Anne McCaffrey A life with dragons.jpg



Comme son sous-titre l'indique, cet ouvrage est donc une biographie de Anne McCaffrey. C'est la deuxième après la courte tentative de son fils (_Dragonholder_ -> http://ecx.images-amazon.com/images/I/51ZZAKJT55L._SS500_.jpg , pas lu). L'auteur est un "spécialiste" de McCaffrey et aussi un fan de l'auteur qu'il a longuement interviewée chez elle.

Anne McCaffrey (Greenwood).jpg

Comme toute bonne biographie et d'une façon logique, ce livre est donc logiquement organisé de façon chronologique en huit
chapitres qui couvrent des péiodes clés de la vie de l'auteur.

1- Le cadre familial
2- L'adolescence
3- Le lycée et le mariage
4- Les débuts d'écrivain et le travail avec Virginia Kidd (son agent)
5- L'émigration en Irlande
6- Les premiers succès (Pern)
7- La réussite
8- Les derniers honneurs

On le voit bien aux titres des chapitres, le choix est clairement fait d'une narration très orientée sur la vie de famille de McCaffrey, bien plus que sur une analyse littéraire de son oeuvre.

Je dois avouer ne pas être un gros fan de McCaffrey, ni même un grand connaisseur de son oeuvre et je dois dire que je sors de cette biographie sans aucun désir de changer cet état de fait. C'est un peu dommage dans la mesure où, pour moi, la biographie peut être un outil pour approfondir un auteur en décryptant/dévoilant certaines influences, mais peut aussi être une raison de s'intéresser à un écrivain peu pratiqué.

On va dire qu'il s'agit d'une biographie bien "gentillette", écrite par un auteur visiblement très fan de son sujet. Ce côté "McCaffrey est une personne superbe, sublime, géniale, généreuse etc..." est certainement le point le plus énervant soulevé par un tel ouvrage. S'il parait normal de choisir d'écrire une biblio sur son auteur favori et non sur celui que l'on déteste le plus, il est important de garder une certaine distance avec le sujet, comme le font (par exemple) Phillips ou White.

 James Tiptree Jr.jpg       Asimov the unauthorized life.jpg

Ici, on est plutôt dans le mielleux et la guimauve où mêmes les conflits sont minorés (AMHA on ne part pas s'exiler en Irlande à la quarantaine pour rien) et où McCaffrey écrase de sa majesté tout le livre.

Du coup, on a par moment l'impression que des bouts de l'histoire sont passés sous silence et cela peut rendre sceptique sur l'exactitude ou la complétude des évènements relatés.

Autre point négatif, la très faible profondeur de l'analyse des textes de McCaffrey. Il est vrai que McCaffrey n'a jamais écrit (AMHA, oeuf corse) de chef d'oeuvre et que sa place dans le panthéon de la SF est plus dûe à une influence sur les primo-accédants à la SF qu'à une participation active à l'évolution du genre. Ceci peut expliquer un certain manque de "matière" à analyse, on pourrait ausss penser que cette analyse éventuelle s'est trouvée déportée dans l'autre livre de Roberts qui est indiscutablement plus littéraire.

Cette analyse purement superficielle est montrée, par exemple, par le fait qu'il nous est répété à longueur de page que certains romans comportent des éléments biographiques fondateurs mais ceux-ci ne sont, le plus souvent, que des lieux communs (mort des proches, maladies, divorce...). Roberts pare aussi souvent McCaffrey des lauriers de combattante du féminisme, chose qui, dans sa démonstration, se borne au fait d'avoir utilisé des héroines féminines. AMHA un peu léger et pas forcément partagé par les personnes impliquées dans ce combat.

A la base, ce type d'ouvrage est intéressant dans la mesure où il peut livrer des clés pour l'interprétation des écrits de l'auteur en utilisant le prisme de la vie personnelle de cette dernière. Hors, ici ces éléments sont soit occultés, soit tellement génériques (ou trop détaillés) que la lecture de la biographie ne permet pas d'éclairer la lecture des textes fictifs produits. L'ouvrage ne sert donc pas à grand chose si ce n'est à raconter une belle histoire d'écrivain(e) qui devient riche et reconnue à la fin, mais en tout cas pas à comprendre pourquoi elle le devient.

Juste une dernière pique : on peut se demander comment une université peut cautionner et publier un tel livre. Non pas qu'il soit mauvais mais juste qu'il est au final assez vide pour qui veut aller plus loin qu'une suite de détails anecdotiques sur le nombre de salles de bain de la maison de McCaffrey.

A réserver aux fans de l'auteur et aux lecteurs de Gala (qui sauront tout de la liaison entre McCaffrey et d'Asimov ou de celle de Kidd et Elwood).

Note GHOR : 1 étoile

23/07/2008

_MAMER 2007 Science Fiction & Hugo Gernsback_

MAMER 2007 Science Fiction & Hugo Gernsback  : Ralph LETSCH : Editeur non mentionné : 2008 : ill Paul : ISBN-13 978-2-87996-674-89 : 163 pages (pas d'index ni et biblio) : 15 Euros chez l'auteur port compris pour un TP.

Science fiction & Hugo Gernsback.jpg



Cet ouvrage ressemble les actes de la "Journée de la SF" organisée à Mamer (Luxembourg) en 2007 et qui avait pour thème fédérateur Hugo
Gernsback, Luxembourgeois d'origine. L'organisation de cette journée a été à l'initiative d'un club philatélique local.


C'est donc une suite de transcriptions des diverses interventions qui se sont succédées durant cette manifastation. Il est à noter que les transcriptions sont dans diverses langues (Français, Anglais ou Allemand) mais qu'elle ne sont pas traduites dans les autres langues. Comme mon allemand (scolaire et ancien) est complètement rouillé, je n'exprimerai pas d'avis sur les textes dans cette langue.


On trouve donc pêle-mêle plusieurs interventions sur la SF en général (cinéma, philatélie, SF francophone) ou des séries particulières (Star Trek, Perry Rhodan), sur Gernsback lui-même (ses rapports avec le Luxembourg, ses débuts d'éditeur de magazines SF, son influence sur la SF Allemande), et des choses plus spécifiques : une intervention sur la conquête spatiale et une étude parallèle du traitement du thème de Frankenstein dans quatre supports (le roman original, deux films de cinéma et un épisode de X-files).


Le tout est très richement illustré en couleurs de couvertures de magazines de Gernsback (hélas jamais légendées ni attribuées) et de plein d'autres photos (pas mal de timbres par exemple).


Il s'agit là d'un ouvrage ponctuel voulant traduire sur le papier une manifestation multimédia. Il se heurte donc à l'écueil classique de ce type d'entreprise, à savoir la pauvreté d'une telle restitution qui ne peut capturer toute la richesse de ce genre d'interventions.


Les articles sont généralement très synthétiques et ne sont au mieux que des introductions (mais pas exemptes d'erreurs factuelles). Par exemple, les textes sur Gernsback pâlissent nettement face aux livres de Ashley, Siegel ou Westfahl qui ont pour eux l'espace nécessaire pour approfondir la vie et l'oeuvre de l'inventeur de la SF.

Hugo Gernsback.jpg   Hugo Gernsback and the century of science fiction.jpg   The gernsback days.jpg

On pourra trouver aussi que le texte fort intéressant sur la SF en philatélie manque cruellement d'images illustrant les timbres amoureusement décrits (un comble !). L'analyse de Frankenstein est le plus long texte de l'ouvrage mais son thème même est une peu HS pour un raout Gernsbackien que l'on attendrait comme plus orienté vers la SF "authentique" et célébrant la science.


En tout cas, un petit livre sympa qui n'apportera pas de révélations, mais une initiative à soutenir.


Note GHOR : 1 étoile